Communiqué de presse

8 mars 2026 – Tribune régionale conjointe pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre - ONU Femmes et ONUDC

18 mars 2026

Faisons de la justice équitable un levier de transformation pour toutes les femmes et les filles en Afrique de l’Ouest et du Centre

Alors que nous célébrons aujourd’hui la Journée internationale des femmes, force est de constater qu’en Afrique de l’Ouest et du Centre, de nombreuses femmes et filles continuent de se heurter à des obstacles juridiques, institutionnels et sociaux qui limitent leur accès à la justice et à la protection.

Or, derrière chaque femme ou fille privée d’un accès équitable à la justice se trouvent des violences non sanctionnées, des préjudices non réparés et des droits non garantis. Cette réalité ne peut être ignorée et exige une réponse collective urgente.

Du Sahel à l’est de la République démocratique du Congo, en passant par le nord‑est du Nigeria, les crises complexes rappellent combien les droits des femmes demeurent fragiles face à l’insécurité et aux déplacements prolongés. Ces situations exposent les femmes à des risques accrus de violences sexuelles, d’exploitation et de traite des personnes. En Afrique subsaharienne, près de la moitié des survivantes identifiées de la traite des personnes sont des filles, tandis que les femmes représentent environ un tiers des cas détectés, principalement dans des situations d’exploitation sexuelle et de travail forcé (UNODC, Global Report on Trafficking in Persons, 2024).

De surcroît, l’absence de services adaptés, la capacité institutionnelle limitée, l’éloignement géographique et les coûts associés aux démarches restreignent fortement la possibilité pour les femmes et les filles de faire valoir leurs droits et d’obtenir réparation. Ces réalités fragilisent durablement leurs moyens de subsistance, leur autonomisation économique et les mécanismes de protection communautaires.

Dans notre région, les barrières ne sont pas seulement logistiques et ne disparaissent pas en temps de paix. L’existence de normes sociales profondément ancrées dissuade encore le signalement des violences au nom de la cohésion familiale ou communautaire et limite l’exercice effectif des droits. Du statut familial à l’accès à la terre ou à l’héritage, plusieurs cadres juridiques restreignent la capacité des femmes à faire valoir leurs droits et à participer pleinement à la vie économique, sociale et politique.

Parallèlement, les reculs observés en matière d’égalité de genre, parfois alimentés par la désinformation et les violences en ligne, rappellent que les avancées en matière de droits humains ne sont jamais acquises.

Trente ans après la Déclaration et le Programme d’action de Beijing et la Conférence internationale sur la population et le développement, l’écart persistant entre les engagements et les financements mobilisés doit être comblé pour garantir des progrès durables. Malgré l’augmentation globale des financements dédiés à l’égalité de genre, sur les 30,9 milliards de dollars US promis pour faire avancer la justice économique et les droits des femmes, seuls 27,4 milliards ont été effectivement mobilisés (ONU Femmes, Generation Equality Accountability Report, 2024). Ce déficit fragilise l’accès des femmes à une justice équitable et à des mécanismes de protection efficaces, permettant aux violences et à l’impunité de persister.

Et pourtant, c’est précisément dans ce contexte que le leadership des femmes s’impose comme un levier décisif de transformation vers une justice équitable en Afrique de l’Ouest et du Centre. Médiatrices, défenseuses des droits humains, professionnelles de la justice et leaders communautaires transforment les pratiques, ouvrent l’accès aux espaces décisionnels et font évoluer les normes sociales pour ancrer l’égalité au sein des institutions et des communautés.

Nous nous tenons résolument aux côtés des femmes qui conduisent ces changements. Avec nos partenaires, nous renforçons des institutions plus accessibles, consolidons les mécanismes de recours, soutenons les réformes nécessaires à une justice équitable et combattons les pratiques néfastes ainsi que les normes sociales discriminatoires.

Dans une région majoritairement jeune, il ne s’agit pas d’un symbole, mais d’un choix stratégique pour la stabilité et le développement durable. Lorsqu’une survivante est protégée et entendue, lorsqu’une femme exerce pleinement ses droits, lorsqu’une jeune fille peut se projeter sans autocensure dans les métiers de la justice, de la sécurité ou du leadership, lorsqu’une professionnelle formée agit avec expertise, et lorsque des hommes et des communautés s’engagent en faveur de l’égalité, l’impact est tangible.

C’est pourquoi nous appelons à une mobilisation accrue de ressources prévisibles et innovantes, à la hauteur des ambitions portées par la justice équitable, afin d’en faire un acquis irréversible pour toutes les femmes et les filles de notre région.

Dr. Maxime Houinato
Directeur régional, ONU Femmes Afrique de l’Ouest et du Centre

Sylvie Bertrand
Représentante régionale, ONUDC Afrique de l’Ouest et du Centre

Le dossier de presse est disponible ici :
🔗 https://www.unodc.org/westandcentralafrica/uploads/res/media-and-press_…

Dr Sylvie Bertrand

Dr Sylvie Bertrand

Représentante régionale du Bureau régional de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (ROSEN)
En août 2025, la Directrice exécutive de l’ONUDC a nommé le Dr Sylvie Bertrand (Canada) au poste de Représentante régionale du Bureau régional de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (ROSEN), avec effet au 1er octobre 2025. Sylvie, citoyenne canadienne, a rejoint l’ONUDC en 2004, où elle a travaillé à la fois au siège et sur le terrain. Au cours des 21 dernières années, elle a exercé diverses fonctions à l’ONUDC, notamment, et plus récemment, en tant que Représentante régionale au Panama, au Bureau régional de l’ONUDC pour l’Amérique centrale et les Caraïbes, ainsi qu’en tant que Représentante régionale adjointe au Bureau de l’ONUDC pour l’Afrique de l’Est. Elle a travaillé dans le domaine de la santé, des drogues et de la gestion des prisons en tant qu’experte, conseillère et coordinatrice de programme en Autriche, au Kenya et en Afrique du Sud.
Avant de rejoindre l’ONUDC, Sylvie a occupé le poste de Chargée de coordination de l’ONU au Bureau du Coordonnateur résident à Pretoria, en Afrique du Sud. Elle a également occupé les fonctions de coordinatrice de programme et de conseillère en Bolivie et en Bulgarie auprès d'organisations de la société civile, s'appuyant sur son expérience au niveau municipal au Canada.
Dr. Maxime Houinato

Dr. Maxime Houinato

ONU Femmes
Directeur Régional d'ONU Femmes pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre
Dr. Maxime Houinato est le Directeur Régional d'ONU Femmes pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Avant sa nomination en 2024, Houinato était le Directeur Régional d'ONU Femmes pour l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe depuis 2021.
De 2018 à 2021, il a été le Représentant Pays d'ONU Femmes en Ouganda où il a contribué à une croissance significative du programme grâce à la mise en œuvre réussie d'une stratégie robuste de mobilisation des ressources. Avant de rejoindre le bureau pays de l'Ouganda, il a servi pendant six ans en tant que Directeur Régional Adjoint d'ONU Femmes pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, basé à Dakar (2008-2014). Pendant quatre ans, il a été Représentant Pays au Mali de 2014 à 2018, basé à Bamako.
Dr. Maxime Houinato a été un membre actif de l'équipe régionale de Qualité et d'Assurance de Soutien (QSA) de l'UNDG en Afrique de l'Ouest et un contributeur clé au modèle "Deliver as One" (DaO) des Nations Unies. Il a soutenu la conception et la mise en œuvre d'une série de législations positives, de politiques publiques et de programmes à grande échelle pour promouvoir le leadership des femmes, l'implication des femmes dans les affaires et les chaînes de valeur critiques ainsi que pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles.
Entre 2000 et 2008, Dr. Maxime Houinato a occupé les rôles de Directeur Régional Adjoint (Afrique de l'Ouest) et de Directeur Régional (Afrique australe) pour Oxfam UK. Il a également travaillé pour d'autres ONG internationales, notamment Catholic Relief Services, Africare et l'Academy for Educational Development – dans diverses capacités et localisations, y compris le Bénin, le Ghana, le Sénégal, le Niger, le Royaume-Uni et la Thaïlande.
Dr. Maxime Houinato est titulaire d'un Master en Administration des Affaires (MBA) de l'Université d'Abomey-Calavi au Bénin, d'un Master en Arts (MA) en Développement International de l'Université de Brandeis aux États-Unis et d'un Doctorat (PhD) en Sociologie Appliquée de l'Université Cheikh Anta Diop au Sénégal.

Entités des Nations Unies impliquées dans cette initiative

ONU Femmes
Entité des Nations Unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes
UNODC
Office des Nations Unies contre la drogue et le crime

Objectifs poursuivis à travers cette initiative