Histoire
06 octobre 2026
Sénégal : la Sous-Secrétaire générale des Nations Unies Défenseure des droits des victimes, Mme Nassif Palma, en mission pour renforcer la protection et l'assistance aux victimes
Dakar, du 30 septembre au 3 octobre 2026 – Le Sénégal a accueilli la visite officielle de Mme Nassif Palma, Sous-Secrétaire générale (Assistant Secretary-General) des Nations Unies et Défenseure des droits des victimes (Victims’ Rights Advocate). Cette mission s'inscrit dans les efforts des Nations Unies visant à renforcer la prévention de l'exploitation et des abus sexuels, à promouvoir les droits des victimes et à améliorer leur accès à l'assistance et à la justice.Cette mission a permis d’engager un dialogue approfondi avec les agences des Nations Unies, les autorités gouvernementales, les institutions nationales de défense des droits humains ainsi que les organisations de la société civile afin d’identifier des solutions concrètes pour améliorer la prévention, le signalement des cas et la prise en charge des victimes.Une mission centrée sur les droits et la dignité des victimesCréée par le Secrétaire général des Nations Unies, la fonction de Défenseure des droits des victimes, exercée au rang de Sous-Secrétaire générale des Nations Unies, vise à garantir que les droits, les besoins et la dignité des victimes d'exploitation et d'abus sexuels soient pleinement pris en compte dans les réponses apportées par les Nations Unies et leurs partenaires.Au cours de cette visite, Mme Nassif Palma a souligné l'importance d'une approche centrée sur les victimes, reposant sur trois piliers essentiels : la prévention, l’assistance et la responsabilisation. Elle a également rappelé que l’absence de signalements officiels dans un contexte comptant plusieurs milliers de personnels des Nations Unies ne signifie pas nécessairement l’absence de cas, mais peut être le signe d’une sous-déclaration liée à divers facteurs sociaux, institutionnels ou culturels.Renforcement de la coordination au sein des Nations Unies La mission a débuté par une rencontre avec la Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Sénégal, suivie d’échanges avec plusieurs agences des Nations Unies, notamment ONU Femmes, l’UNFPA, l’UNICEF et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.Les discussions ont mis en évidence la nécessité de renforcer la coordination interagences et de consolider les mécanismes de prévention et de réponse aux cas d’exploitation et d’abus sexuels. Plusieurs partenaires ont souligné l’importance de disposer d’un point focal dédié aux droits des victimes ou au PSEA (Protection contre l’exploitation et les abus sexuels) afin d'assurer un meilleur accompagnement des survivantes et survivants et de faciliter le lien avec le bureau de la Victims’ Rights Advocate.Les agences ont également insisté sur la nécessité de mieux cartographier les services disponibles au Sénégal, de renforcer les capacités des structures communautaires et de mobiliser davantage de ressources pour soutenir les efforts de prévention et d’assistance.Un dialogue constructif avec la société civile La Victims’ Rights Advocate a également rencontré des organisations de la société civile, dont le Réseau Siggil Jiggen, l'association Yeewi et plusieurs acteurs engagés dans la lutte contre les violences basées sur le genre.Ces échanges ont permis de mettre en lumière les défis auxquels sont confrontées les victimes dans l’accès à la justice et aux services de protection. Les organisations ont partagé leurs expériences en matière d’accompagnement juridique, psychosocial et communautaire, tout en soulignant l’importance d’une sensibilisation accrue afin de réduire la stigmatisation qui freine parfois le signalement des cas.Les participants ont souligné la nécessité de renforcer les mécanismes de référence, d’améliorer l’accès à l’information et de poursuivre les efforts de prévention au niveau communautaire.Les droits humains au cœur des discussions La mission a également donné lieu à des échanges avec la Commission nationale des droits de l’homme ainsi qu’avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme.Les discussions ont porté sur les moyens de renforcer les mécanismes nationaux de protection des victimes et de garantir un accès effectif aux recours. Les interlocuteurs ont insisté sur l’importance de lutter contre la sous-notification des cas et de faciliter le signalement grâce à des mécanismes accessibles, sûrs et confidentiels.L’opportunité d’une meilleure intégration des questions liées aux droits des victimes dans les mécanismes nationaux de protection des droits humains a également été évoquée.Une coopération renforcée avec les autorités sénégalaises La visite a été marquée par plusieurs rencontres de haut niveau avec les autorités sénégalaises, notamment M. Yankhoba Diémé, Ministre des Forces armées, M. Moussa Sarr, Ministre de la Justice, ainsi que M. Cheikh Niang, Secrétaire général du Ministère de l’Intérieur.Avec le Ministre des Forces armées, les échanges ont porté sur les mécanismes de prévention existants au sein des contingents sénégalais participant aux opérations de paix et sur les défis liés à la gestion des allégations d’exploitation et d’abus sexuels impliquant des personnels déployés.Une attention particulière a été accordée aux questions de paternité, notamment dans les situations impliquant des enfants nés à la suite d’allégations d’exploitation ou d’abus sexuels. Les discussions ont mis en évidence la nécessité d’améliorer les mécanismes de coopération entre les Nations Unies et les États membres afin de faciliter l’accès à la reconnaissance légale, aux pensions alimentaires et aux autres formes d’assistance destinées aux enfants concernés.Lors de la rencontre avec le Ministre de la Justice, les échanges ont permis d’explorer les possibilités de renforcer l’assistance juridique aux victimes et de mieux mobiliser les mécanismes nationaux existants. Les autorités ont réaffirmé leur engagement à contribuer aux efforts visant à garantir l’accès aux droits et à la justice pour les victimes.Le Secrétaire général du Ministère de l’Intérieur a quant à lui souligné l’importance de la politique de tolérance zéro appliquée par les Nations Unies et a rappelé que les juridictions sénégalaises demeurent compétentes pour traiter certains faits commis à l’étranger par des ressortissants sénégalais.Des perspectives pour l’avenirAu terme de sa visite, Mme Nassif Palma a salué l’ouverture et l’engagement des différents partenaires rencontrés. Les discussions ont fait émerger plusieurs pistes de travail, notamment :le renforcement des mécanismes de prévention et de sensibilisation ;la désignation ou le renforcement de points focaux dédiés au PSEA et aux droits des victimes ;l’amélioration de la coordination entre les institutions nationales et les Nations Unies ;le développement de mécanismes de référencement plus efficaces pour les victimes ;le renforcement de l’assistance juridique, psychosociale et économique ;la poursuite des efforts visant à répondre aux questions de paternité et de soutien aux enfants concernés.Cette mission a permis de réaffirmer une conviction commune : la protection des victimes, le respect de leurs droits et leur accès à la justice constituent une responsabilité partagée entre les Nations Unies, les États membres, les institutions nationales et la société civile. Ensemble, ces acteurs poursuivent leurs efforts pour garantir que chaque victime puisse être entendue, accompagnée et protégée.